À propos de cet outil
Ce calculateur répartit les frais d'un trajet partagé entre les occupants du véhicule. Il additionne le carburant (distance, consommation, prix au litre), les péages, le stationnement et, si vous le souhaitez, l'usure et l'entretien au kilomètre, puis donne la part de chaque passager et celle du conducteur, qui supporte la sienne comme les autres. Un aller-retour se calcule d'un clic, et l'outil signale quand la part par kilomètre dépasse le repère de 0,20 € par passager recommandé par les pouvoirs publics. En droit français, le covoiturage ne doit pas procurer de bénéfice au conducteur : seul le partage des frais est autorisé.
Comment utiliser cet outil
- Saisissez la distance d'un trajet, le nombre de personnes dans la voiture (conducteur compris) et cochez « Aller-retour » si besoin.
- Renseignez la consommation du véhicule, le prix du carburant, puis les péages, le stationnement et l'usure au kilomètre si vous voulez les inclure.
- Lisez la part de chaque passager, celle du conducteur et le coût par kilomètre.
- Consultez le tableau pour voir le détail poste par poste.
Ce que la loi appelle « covoiturage »
En droit français, le covoiturage est défini par l'article L3132-1 du code des transports : l'utilisation en commun d'un véhicule par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers, pour un trajet que le conducteur effectue pour son propre compte, à titre non onéreux, à l'exception du partage des frais. Deux idées en découlent :
- Le conducteur ne fait pas de bénéfice. Ce qu'il reçoit des passagers ne peut pas dépasser les frais qu'il a réellement engagés pour le trajet, une fois déduite sa propre part. Au-delà, l'activité devient du transport rémunéré, qui suppose un statut professionnel ; le ministère rappelle que le conducteur encourt alors des poursuites pour travail dissimulé.
- Le trajet existe indépendamment des passagers. Le conducteur n'effectue pas un détour de taxi : il partage un déplacement qu'il ferait de toute façon. Les frais sont donc partagés entre tous les occupants, conducteur inclus, ce que fait l'outil.
Les sites et applications de mise en relation peuvent, eux, être payants : seule la somme versée entre le passager et le conducteur est encadrée.
Les frais que l'on peut partager
Selon le ministère de la Transition écologique, les échanges d'argent entre conducteur et passagers se limitent au partage des frais de déplacement. Ces frais comprennent :
- l'usure du véhicule (dépréciation), les frais de réparation et d'entretien ;
- les pneumatiques ;
- le carburant ;
- les primes d'assurance ;
- les péages et les frais de stationnement.
L'outil permet d'inclure le carburant, les péages, le stationnement et un coût d'usure au kilomètre. Les primes d'assurance sont difficiles à rattacher à un seul trajet : on les intègre en pratique dans le coût d'usure au kilomètre (en rapportant le coût annuel au kilométrage annuel). Beaucoup de conducteurs, par simplicité, se limitent au carburant et aux péages : c'est la solution la plus simple et la plus sûre côté légal, puisqu'on reste certainement sous le coût réel.
carburant = distance × consommation ÷ 100 × prix du litre
Un aller-retour de 2 × 200 km avec une voiture à 6,5 L/100 km, un litre à 1,75 €, 30 € de péages et 0,10 €/km d'usure. Carburant : 400 × 6,5 ÷ 100 = 26 L, soit 45,50 €. Usure : 400 × 0,10 = 40 €. Total : 45,50 + 40 + 30 = 115,50 €. À quatre dans la voiture, chacun paie 115,50 ÷ 4 = 28,88 € (arrondi), conducteur compris.
Quel montant demander ? Le repère de 0,20 € par kilomètre
Il existe un moyen simple d'évaluer les coûts : le barème forfaitaire kilométrique de l'administration fiscale, fixé par l'article 6 B de l'annexe IV du code général des impôts. Il couvre l'ensemble des frais d'un véhicule selon sa puissance fiscale et la distance annuelle parcourue, et peut atteindre environ 0,60 € par kilomètre dans les situations les plus coûteuses (petites distances, véhicule puissant). C'est un plafond pour le coût du véhicule, pas un tarif par passager.
Pour le partage entre occupants, le ministère recommande de proposer des offres inférieures ou égales à 0,20 € par kilomètre et par passager. Avec quatre personnes à bord, cela correspond à un coût total d'environ 0,80 € par kilomètre, ce qui couvre largement le carburant et une usure raisonnable. L'outil calcule votre coût par kilomètre et par personne, et vous prévient quand il dépasse ce repère.
Un trajet de 200 km coûte 22,75 € de carburant, partagé à trois : 7,58 € par personne, soit 0,038 € par km, bien en dessous du repère. Le trajet à deux avec péages et usure de l'exemple précédent monte à 57,75 € par personne pour 400 km, soit 0,144 € par km : la limite n'est pas dépassée non plus.
Fiscalité, assurance et aides
- Impôts. Selon l'administration, le partage des frais n'est pas soumis à la TVA, ne constitue pas un revenu et n'ouvre pas de cotisations sociales pour le conducteur, tant que les sommes perçues ne dépassent pas les frais engagés. Les règles précises (déclaration éventuelle, cas des plateformes) sont détaillées sur le site de l'administration fiscale et d'économie.gouv.fr.
- Assurance. Le propriétaire du véhicule doit au minimum une assurance responsabilité civile, qui couvre les passagers. Elle doit couvrir les trajets domicile-travail pour un covoiturage entre collègues. Prévenez votre assureur si vous covoiturez régulièrement, et vérifiez le « prêt du volant » si plusieurs personnes conduisent.
- Aides. Le forfait mobilités durables permet à un employeur de prendre en charge, de façon facultative, jusqu'à 900 € par an et par salarié du secteur privé (exonérés d'impôt sur le revenu) pour les trajets domicile-travail en covoiturage ; la prime de 100 € pour le covoiturage courte distance a été supprimée au 1er janvier 2025. Certaines collectivités proposent leurs propres incitations : renseignez-vous auprès de votre intercommunalité.
Ces règles évoluent régulièrement : référez-vous toujours aux pages officielles citées en bas de page avant de formaliser des échanges réguliers.
Conseils pour un partage serein
- Fixez le montant avant le départ, par message ou sur la plateforme. Un accord clair évite les malentendus au retour.
- Arrondissez au demi-euro ou à l'euro supérieur uniquement si le total demandé reste inférieur aux frais réels : l'outil arrondit au centime et laisse l'écart d'arrondi au conducteur.
- Précisez ce qui est compris : péages partagés à parts égales ? Stationnement inclus ? Bagages volumineux ?
- Pour un trajet régulier, calculez une fois le coût au kilomètre et appliquez-le chaque semaine, ou alternez simplement la conduite entre collègues pour ne pas échanger d'argent.
- Pour partager d'autres dépenses de groupe (restaurant, week-end), utilisez le calculateur de partage d'addition.
Questions fréquentes
Quels frais peut-on partager en covoiturage ?
Selon le ministère de la Transition écologique, ils comprennent l'usure du véhicule, les réparations et l'entretien, les pneumatiques, le carburant, les primes d'assurance, les péages et le stationnement. Le partage des frais n'est pas soumis à la TVA et ne constitue pas un revenu pour le conducteur, à condition de ne pas dépasser les frais réellement engagés.
Le conducteur doit-il payer sa part ?
Oui. Le covoiturage est défini par le code des transports comme un trajet que le conducteur effectue pour son propre compte, à titre non onéreux hormis le partage des frais. Les frais sont donc répartis entre tous les occupants, conducteur compris : c'est ce que fait cet outil. Si les passagers payaient tout, le conducteur réaliserait un bénéfice, ce qui relève d'une activité de transport rémunéré.
Quel est le prix maximum par kilomètre ?
Il n'y a pas de tarif légal unique, mais le ministère recommande de fixer les offres à 0,20 € par kilomètre et par passager au plus, alors que le barème fiscal kilométrique peut atteindre 0,60 € par kilomètre pour le véhicule. L'outil affiche votre coût par kilomètre et par personne pour le comparer à ce repère.
Comment calculer la consommation de mon véhicule ?
Faites le plein, notez le kilométrage, roulez, puis refaites le plein : litres ajoutés ÷ kilomètres parcourus × 100 donne la consommation en L/100 km. La valeur indiquée par le constructeur est en général inférieure à la consommation réelle, surtout sur autoroute à vitesse élevée ou avec des bagages.
Faut-il compter l'usure du véhicule ?
C'est autorisé et légitime : pneus, entretien, réparations et dépréciation augmentent avec le kilométrage. Beaucoup de conducteurs se limitent au carburant et aux péages par simplicité. L'outil vous laisse choisir en renseignant ou non l'usure au kilomètre.